LES GRANDES ENTREPRISES MEXICAINES
Televisa : 1er groupe audiovisuel au Mexique
10 ans après la mort de Emilio Azcarraga Milmo, grand patron du groupe Televisa dit « le Tigre », son fils a su prouver qu’il était capable de s’acquitter de la tâche dont il a hérité.
Televisa : c’est quoi ?
Televisa est le plus grand groupe de télévision au Mexique et aussi la chaîne en langue espagnole la plus importante du monde. Televisa peut être vue par l’ensemble de la population d’Amérique latine mais aussi par des millions de personnes aux Etats-Unis grâce à l’association avec la chaîne Univision.
A l’origine, Televisa est à la contraction de Television Via Satélite. Televisa est née en 1973 de la fusion de Televicentro (créé en 1950) et de Telesistema Mexicano (créé en 1955).
Televisa est cotée dans l’indice IPC de la Bourse du Mexique. Les actions sont cotées à la Bourse mexicaine et à Wall Street. Les actions valaient 15,3 pesos au début mai 2003 au Mexique et 29,7 dollars à New York.
TV Azteca est l’une de ses principales rivales.
Passation de pouvoir entre le père et le fils
La dernière fois que Emilio Azcarraga Jean a dîné avec son père Emilio Azcarraga Milmo, c’était le 13 avril 1997 dans un restaurant à Miami. Trois jours plus tard, le directeur de Grupo Televisa mourrait sur son yacht.
Quelques temps plus tôt, le « Tigre » avait rendu publique l’avancée de sa maladie, un cancer du pancréas qui allait bientôt l’obliger à passer la main à son héritier. Le 4 mars 1997, environ un mois avant son décès, le PDG de Televisa, premier groupe de médias de langue hispanique au monde, avait ainsi cédé le contrôle de son entreprise à son fils de seulement 29 ans.
Peu après la mort de son père, Emilio Azcarraga Jean put se rendre compte de la situation financière fragile dans laquelle se trouvait alors le groupe. La compagnie avait ainsi accumulé une dette de 19 000 millions de pesos. Le nouveau directeur exécutif du également affronter les luttes internes qui s’engagèrent pour le contrôle de Televisa.
A ce moment, il restait encore beaucoup à apprendre à l’héritier mais celui-ci su s’entourer de conseillers expérimentés et de juristes avisés pour l’appuyer.
Mais Emilio Azcarraga Jean dut très vite affronter une autre situation difficile. Des banquiers étrangers, peu confiants dans l’inexpérience du nouveau venu décidèrent de revenir sur les prêts qu’ils avaient octroyés à Televisa, prêts qui couvraient en grande partie les actions du groupe.
La situation était alors peu encourageante et beaucoup incitèrent le nouveau patron à vendre le groupe. A 29 ans, il aurait pu se laisser convaincre. Mais Emilio Azcarraga Jean ne se focalisa pas sur l’aspect purement économique des choses et choisit de rebâtir l’entreprise paternelle sur des bases solides.
Le nouveau patron mis alors en place une série de mesures pour redresser la barre. Il commença par alléger la structure de l’entreprise en terme de coûts, ce qui revint à supprimer 4000 emplois ainsi que le paiement des heures supplémentaires, à vendre des biens non stratégiques (comme par exemple deux avions rattachés à l’entreprise), à fermer certaines affaires peu rentables ou encore à annuler les contrats d’exclusivité.
Pour signifier clairement le changement de direction, il prit également des décisions fortes comme celle de supprimer certaines émissions et d’éliminer le plan français, un système qui permettait aux annonceurs de déduire une partie des tarifs publicitaires.
Le groupe engrangea également des revenus spectaculaires grâce à la vente de ses actions de PanAmSat et d’une partie de ses intérêts dans la chaîne hispanique Univision. Son retrait de Vendor, une entreprise publicitaire, lui permis également de gagner de l’argent. Néanmoins, la situation financière et budgétaire restait fragile avec notamment des pertes de 65 millions de pesos jusqu’à septembre 1998.
Bilan des 10 dernières années
Pour de nombreux experts, le bilan des 10 premières années de la nouvelle administration du groupe est totalement positif, sentiment conforté par l’évolution des actions du groupe au cours de la même période.
L’un des atouts du jeune chef a été de savoir s’entourer de gens expérimentés qui ont néanmoins su apporter des idées neuves pour la refonte économique de l’entreprise. De plus, Emilio Azcarraga Jean a reçu l’appui de Carlos Slim, deuxième homme d’affaires le plus riche du monde derrière Bill Gates, qui a investi temporairement dans Televisa. Carlos Slim a également octroyé au jeune homme la procuration sur le vote des actions qu’il possédait.
Selon des spécialistes du secteur des médias, la principale nouveauté apportée par Azcarraga Jean a été de sélectionner de manière plus spécifique des niches d’activité et de s’y investir à fond. Ces dernières années, il a choisi de focaliser ses efforts sur les contenus télévisuels.
Malgré le scepticisme qu’ont pu manifesté de nombreux professionnels et observateurs les premières années, force est de constater que l’héritier a mener sa barque d’une manière tout à fait honorable.
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