On ne peut évoquer les figures féminines mexicaines sans parler de la Malinche, personnage profondément ancré dans l’imaginaire collectif des mexicains.
Si vous êtes au Mexique depuis déjà quelques temps ou que vous vous êtes intéressé à la culture de ce pays, vous avez sûrement déjà entendu parler de cette femme riche en couleurs.
Rejetée par les siens
La Malinche (1502-1529), aussi appelée Doña Marina, a eu un début de vie difficile. Elle est née dans ne famille noble de la province de Paynalla dans le Coatzacoalcos, dans la région de Veracruz a sud de Mexico.
Au moment de la mort de son père, sa mère s’est remariée et à un eu un fils. Dès lors, sa famille a décidé de privilégier ce dernier-né en en faisant le nouvel héritier et en dénigrant Marina. Ses parents l’ont vendu comme esclave et ont même été jusqu’à la déclarer morte pour être sûrs d’être définitivement débarrassés d’elle.
Dès le début, la Malinche a dons eu ne vie tout en contraste : d’origine noble, elle a été vendue comme esclave par ses parents, avant de devenir l’interprète de Hernan Cortes puis sa personne de confiance et enfin la mère de l’un de ses enfants.
Ce personnage est intéressant de part ses nombreuses contradictions. On peut la considérer de différentes manières : traîtresse absolue de son peuple ou bien simple victime de l’échec de Moctezuma face aux conquistadors espagnols.
La Malinche reflète parfaitement bien la dualité du peuple mexicain, ce qui explique sans doute l’attachement et le phénomène d’identification qui unit les mexicains à cette figure tant maternelle que maléfique.
Une femme tiraillée
Née aztèque, elle fut baptisée après avoir été offerte à Cortes avec vingt autres femmes par les mayas qui souhaitaient obtenir les faveurs des conquistadors plutôt que se battre contre eux.
Tout d’abord promise à l’un des militaires de Cortes, celui-ci se mit très vite à l’utiliser comme interprète entre le maya et le nahuatl (langue qu’elle avait apprise après avoir été rejetée par sa famille).
Preuve de sa vivacité d’esprit, elle maîtrisa également rapidement le castillan.
Cette femme brillante s’attacha en peu de temps les faveurs de Cortes qui en fit sa secrétaire puis sa maîtresse. Cortes était très épris de cette femme qui lui servit également d’atout majeur au moment de la conquête de part sa connaissance de la culture indigène.
Ainsi, bien qu’on lui offrit d’autres femmes, il resta longtemps fidèle à celle qu’il avait rebaptisé Doña Marina. La Malinche facilita grandement les communications entre espagnols et chefs indiens et participa ainsi largement à la dimension diplomatique de la conquête.
On peut ainsi sans doute lui attribuer le mérite d’avoir permis que le dialogue se substitue aux bains de sang à certaines occasions.
Traîtresse ?
La Malinche est souvent considérée comme une traîtresse. On peut nuancer cette idée.
En effet, la trahison initiale est celle de sa famille qui l’a vendu et l’a faite passer pour morte. Dès lors, elle aurait pu mener une vie de misère.
Mais cette femme pleine de ressources a utilisé ses talents pour s’élever dans l’échelle sociale. En cela, on peut voir en elle une figure moderne et féministe avant l’heure.
Par la suite, alors qu’elle eût en de nombreuses occasions la possibilité de trahir Cortes, elle lui resta très loyale. Comme il avait une femme en Espagne, Cortes la maria à un de ses émissaires resté au Mexique. Elle eût une fille de cet homme. L’enfant qu’elle eut avec Cortes, le premier métisse, peut ainsi être considéré comme le premier mexicain.
A lire sur le sujet
Malinche de Laura Esquivel, Édition : Largeprint (mai 2006).
Malinche’s Conquest de Anna Lanyon, Edition Allen & Unwin Pty (mai 2000).
Le labyrinthe de la solitude de Octavio Paz. Editions Gallimard, 1992.
La Malinche : de la historia al mito de Fernanda Nuñez Becerra. Editions INAH (1998).





